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>> 304 (1969-1980) |
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Le succès remporté par la 204 et le lancement de la 504
à l'automne 1968, firent prendre conscience très tôt,
au sein de la direction générale, que la 404 allait sans
doute prendre un sérieux coup de vieux,dès le début
des années soixante-dix. L'idée de créer un nouveau
modèle à moindre coût fit rapidement son petit bonhomme
de chemin. La 204 se révélant une excellente base technique,
il fut décidé de faire un modèle "304"
sur la base de cette dernière, qui viendrait judicieusement s'intercaler
entre la 204 et la 404. Le bureau d'études plancha dès 1967
sur différents restylings, puis dès 1968 sur un véritable
projet de nouvelle voiture la "D 18". L'idée était
simple : conserver la coque et l'habitacle de la 204 et restyler l'avant
et l'arrière pour donner un nouveau modèle. Un peu comme
Renault l'avait fait en créant la R 10 sur la base de la R 8. Un
moteur réalésé à 1 288 cm3, 76 x 71 mm, 7
chevaux fiscaux (qui développe 65 ch DIN et permet d'atteindre
150 km/h), un nouveau tableau de bord avec un bandeau en faux bois, comme
c'est la grande mode à l'époque, et une face avant rappelant
fortement la 504, flatteraient les acheteurs potentiels. Cette "504
du pauvre", comme la surnommeront méchamment ses détracteurs,
sera présentée au Salon de Paris de 1969, comme une véritable
nouveauté, remportant un beau succès grâce à
cette nouvelle calandre flatteuse qui tranchait nettement avec celle de
la 204. Sa production sera assurée dans la nouvelle usine Peugeot
de Mulhouse à partir de 1971.
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 Il s'agit
ni plus ni moins d'une 204 restylisée au goût du jour. Cette
version "seventies" conserve en fait la structure exacte de
la 204, les portes, les sièges, les roues, les suspensions, la
direction, le pare-brise (qui sont les mêmes), les fixations de
tableaux de bord (les deux versions peuvent s'inverser), et la motorisation
(strictement identique mise à part la cylindrée). Cette
nouvelle berline sera construite jusqu'en 1979 à près de
850 000 exemplaires. La différence de longueur avec la 204 (4,14
m au lieu de 3,99 m) vient du fait que le coffre a été allongé
par rapport à la précédente. Ce manque de place pour
les bagages de quatre à cinq personnes était d'ailleurs
l'une des principales critiques que la 204 subissait régulièrement
depuis son lancement, quatre ans auparavant. La longueur de la 304 est
exactement la même, au centimètre près, qu'une 306
d'aujourd'hui. Sa conception dans les bureaux d'études aura été
beaucoup moins euphorique que celle de sa grande sour la 204, il faut
l'avouer. Car restyler une voiture et la faire passer pour un nouveau
modèle n'a jamais été stimulant pour des créatifs.
Une partie de l'équipe de Paul Bouvot aurait préféré
avoir plus de temps, et créer réellement une nouvelle voiture.
Mais impératifs économiques et marketing ne riment pas toujours
avec liberté créatrice. Toujours est-il que la 304, à
défaut d'être une véritable nouveauté bâtie
de toutes pièces, n'en sera pas moins un succès commercial
certain pour les automobiles Peugeot, et que la production cumulée
204 + 304 frisera les trois millions d'exemplaires ; ce qui est tout à
fait remarquable dans les années soixante-dix pour le marché
visé. Entre 1967 et 1973, les 204/304 représenteront à
elles seules 10 % du marché français, avec une pointe à
15 % en 1970. Cette même année la production des 204/304
dépasse celle des 404/504. La 304 se verra, elle aussi, proposée
en diverses versions. Le coupé et le cabriolet 304 sont présentés
au Salon de Genève du printemps 1970 (avec la même motorisation
que la berline, ils roulent à 152 km/h), et remplacent les 204
dans les mêmes versions.
Ces derniers possédaient d'ailleurs le tableau de bord type "304"
depuis le mois d'août 1969.
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Conservant
la même caisse, ces véhicules sont très proches pour
ne pas dire similaires, mis à part la face avant, les feux arrière
et l'alésage du moteur. Tout le reste est identique jusqu'au carburateur
qui reste le même malgré le changement de cylindrée
! Le coupé sera produit à un peu plus de 60 000 exemplaires
et le cabriolet à un peu moins de 19 000 jusqu'en juillet 1975, date
de leur disparition du catalogue. Ce qui creusera un sérieux trou
en attendant la sortie du cabriolet 306 en avril 1994 (les puristes n'ont
jamais considéré la 205 décapotable comme un vrai cabriolet).
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Le break 304 sera présenté au Salon de Paris 1970, et fera
carrière parallèlement au break 204 jusqu'à l'été
1976, avant de continuer en solo jusqu'en mai 1980 (son remplaçant,
le break 305, sera présenté en mars 1980). Par contre, la
version fourgonnette de la 304 ne sortira qu'en septembre 1976, quelques
semaines après l'arrêt de production de son homologue en
204 (elle en conservera d'ailleurs le tableau de bord et même le
moteur, 1 127 cm3, restant en catégorie 6 cv fiscaux). Ces deux
versions seront disponibles en diesel (5 cv) et en essence (7 cv), à
partir de septembre 1978, pour la fourgonnette. Le dernier millésime
"1980" étant même muni pour les diesel d'un nouveau
moteur déjà monté sur la 305, de 1 548 cm3 développant
47 ch DIN à 4 600 tr/m, ce qui fait passer la voiture de 5 à
6 chevaux fiscaux. Leur capot est légèrement bombé.
La 304 diesel était en effet apparue à l'automne 1976, à
la disparition des 204. Tout de suite disponible sur berline, break et
fourgonnette, le moteur était tout simplement celui de la 204 diesel
(1357 cm3 - 6 cv fiscaux).
Pour le millésime 1971, les 304 reçoivent un alternateur
en remplacement de la dynamo, un allume-cigare (l'alternateur et l'allume-cigare
étant montés sur les coupés et cabriolets depuis
le début de série), et un rétroviseur "jour-nuit".
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En mars 1972, une nouvelle version apparaît sur les coupés
et les cabriolets, la "S". Cette version "Sportive"
passe de 65 à 74,5 ch DIN et de 152 à 160 km/h. Ce qui permet
aux propriétaires de ces nouveaux modèles de venir taquiner
les grosses berlines 504 (11 cv). Agrémenté d'un compte-tours,
d'appuis-tête et de nouvelle jantes, le moteur reste le même
(1 288 cm3) mais doté d'une boîte renforcée, d'un
carburateur double corps, d'une nouvelle culasse, d'un échappement
double et de diverses petites modifications, comme la calandre noir mat
avec lion rapporté doré, qui seront renforcées au
Salon de Paris en septembre. Le cabriolet "normal" sera produit
jusqu'en juillet 1972 et le coupé maintenu jusqu'en juillet 1973.
Mais les versions "S" remporteront un grand succès et
les ventes de l'ancien modèle chuteront rapidement.
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Au Salon de Paris 1972, la version "S" est également
proposée sur la berline. La gamme 304 adopte un nouveau tableau
de bord à trois cadrans ronds, rappelant celui monté sur
les 204 et abandonnant le rectangulaire copié sur la 504 et monté
depuis le début de série en septembre 1969.
Les versions "S" y incorporent le compte-tours à la place
de l'horloge et, du coup, conservent la petite horloge carrée placée
au centre et qui était déjà montée depuis
le début de série. Les "S" adoptent de nouveaux
sièges en teppline, une sorte de skaï imitant assez bien le
cuir, mais résistant assez mal à la durée (certains
rares concessionnaires auront l'intelligence de proposer a leur clientèle
de vrais intérieurs cuir en option "maison"). Un nouveau
volant, une nouvelle calandre noir mat avec un petit lion doré
(déjà montés sur les coupés-cabriolets depuis
mars), des feux de recul et de nouvelles jantes à petits trous
ronds permettent de distinguer ces versions des autres. Les berlines adoptent
toutes de nouveaux feux arrière (même les non-"S").
Il n'y aura par contre jamais de breaks ou de fourgonnettes en version
"S". Les fourgonnettes auront toutes un tableau de bord du type
204, et certaines versions du break également.
En février 1974, les berlines et les breaks reçoivent des
pneus 155 x 14 en remplacement des 145 x 14 montés depuis le début
de série.
En 1975, toutes les Peugeot (y compris les différents modèles
de 304) reçoivent un signal de détresse (warning) en série.
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Pour le millésime 1976, les 304 reçoivent un double circuit
de freinage, un carburateur inviolable, des ceintures avant avec enrouleurs
et l'ensemble des moteurs change légèrement d'architecture
(1 290 cm3 au lieu de 1 288 cm3) en adoptant une nouvelle culasse à
petites bougies coniques, commune aux 204 et aux 304 toutes versions.
Pour 1977, l'appellation "S", réservée à
la berline depuis la disparition des coupés/cabriolets en juillet
1975, devient "SLS", tandis que la version "normale",
disponible sur berline et break, se dédouble entre la "GL"
(grand luxe) et la "SL" (super-luxe), les vitesses passent au
plancher.
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Un break "GL" économique reprend le petit moteur 1 127
cm3 de la 204, ce qui permet d'acquérir entre 1976 et 1980, un
break (ou une fourgonnette) équipé du moteur essence 204
(6 cv fiscaux - 59 ch DIN) ou de celui des 304 à partir de septembre
1978 (7 cv fiscaux - 65 ch DIN), ces derniers conservant les vitesses
au volant.
La 304 berline sera fabriquée jusqu'en mars 1979, le break sera
construit jusqu'en mars 1980 ainsi que la fourgonnette. C'est à
cette
date que s'achève l'épopée de la production des 204/304,
commencée quinze ans plus tôt. Peu de modifications interviendront
sur les
dernières séries, mises à part la commande d'embrayage
qui devient mécanique et non plus hydraulique, la monte de ceintures
de sécurité à l'arrière depuis 1978, une nouvelle
calandre avec le Lion intégré et non plus rapporté,
et de nouvelles fixations moteur, avec un nouveau berceau du type 305
à partir de 1979. Les systèmes de réglage de sièges
avant, les roues et les freins seront également du type 305 sur
les dernières séries.
En décembre 1976, déjà, un prototype de celle qui
allait remplacer la 304 avait été présenté
dans le plus grand secret à 300 clients
sélectionnés. Ce prototype (la future 305) reprend la base
de la 304, plate-forme et motorisation avec un nouvel habillage dû
à Pininfarina et quelques innovations. Cette digne héritière
de la 204 et de la 304 allait servir de base, elle aussi, à d'autres
modèles plus récents, mais la sortie de la 305 en novembre
1977, c'est encore une autre histoire...
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Copyright
François Allain avec l'aimable autorisation de l'auteur. |
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